Si seulement je pouvais lui laisser les gosses

Si seulement je pouvais lui laisser les gosses

…Le coeur parle au coeur

15h55 : mercredi, j’attends que les enfants sortent de l’école…Postée devant le portail je regarde le ciel et je plonge dans mes pensées et liste mes désirs et mes rêves…
Ce soir, franchement, je n’ai qu’une envie, c’est d’appeler une copine et de faire une nocturne au centre commercial, regarder les nouveautés mode et manger des sushis.
Pas envie de faire les devoirs, suivis des douches-pyjama-histoires-et gérer les allers-retours “maman j’ai encore faim-soif-pipi-peur du noir”….
J’ai envie de changer les rôles pour une fois.

-“Après tout mon mari n’a qu’à les garder,” dis cette grosse voix du yetser ara ( mauvais penchant ) …qui sommeil au fond de moi.
-“Il rentre et ils sont tous prêts en pyjama au lit, et moi je fais le travail le plus dur” …
Oui, le plus dur : j’ai usé ma voix à crier , je transpire en courant après eux, je suis médiatrice de disputes enfantines, j’ai fini la table de 8 et tout et tout….
Et lui, mon ennemi heu je veux dire mon MARI,rentre et tout est plutôt calme.
Je l’entends d’ici comme tous les soirs:
-Oh qu’ils sont sages ces amours…bonne nuit les petits.
Bien sûr qu’il a de quoi être plus détendu que moi…
Et moi je broie du noir et je lui trouve plein de défauts à ce mari…

Je prends une grand respiration.
Il n’y a pas dix solutions. Je n’en vois que deux.
La première c’est provoquer un ouragan en lui demandant d’être revenu à 18heures du travail et lui laisser gérer un quotidien qu’il ne maitrise pas et m’enfuir de la maison. Tout simplement…mais je suis sortie il y a 15 jours pour l’anniversaire de Barbara et j’ai entendu pendant une semaine des plaintes de gestion difficile et que je suis une femme qui « abandonne sa famille pour une copine »…etc…etc..

La deuxième solution serait d’embaucher une équipe de baby-sitter à qui je donnerai une formation musclée et militaire pour gérer le 16H30-20heures, soit le créneau le plus chaud de la journée…
Je me tate…mais je serai libre pour une escapade de liberté.

DRIIIIIING …..

La sonnerie de l’école me réveille et extirpe la mauvaise voix qui me cause tant de disputes dans mon couple.
Les enfants arrivent avec leurs lots de soucis et leurs joies de la journée.
Soudain la jolie voix intérieure, celle du Yetser atov ( le bon penchant) me lance une idée : “sois une maman que tu admires, que tu regardes d’un oeil bon ».
Je souris: “tiens ça me plait ».
Et oui, j’ai envie aussi d’apprécier cette maman qui est au fond de moi et qui n’est pas juste là à assumer des « tâches » quotidiennes.

Je décide d’être positive et de voir le bon côté des choses, je vais casser la routine, non pas avec moi-même, mais avec les enfants.

Je lance aux petits et aux grands d’un ton assuré :
-Les enfants, on va manger une gaufre.
-Quoi ? Quand ? disent-ils tous en coeur, croyant avoir mal compris.
-Oui,oui on va au centre maintenant.
-On peut de la chantilly avec et une boule de glace? Tente ma fille audacieuse.
-Oui, oui. Dis je fièrement.
J’entends glousser dans la voiture. Les enfants restent plutôt sages croyant rêver en apprenant la nouvelle inattendue.

Je ressens il est vrai de la fierté de pouvoir renverser la situation et de prendre sur moi. Après tout je pourrai aussi faire du lèche vitrine au passage.

En regardant mes enfants profiter, manger et rire, je me pose en tant que spectatrice. Je me vois lâcher prise et me sens moins hargneuse.

Après tout est-ce que j’aurais aimé un homme qui s’occupe des enfants comme une maman? Qui me prenne tout mon rôle et qui soit mon double? Je ne crois pas. Je n’aurai pas réussi à admirer chez lui ce côté “maman numéro 2”. Après tout je l’aime pour ses qualités d’hommes, et les qualités féminines je les trouve chez mes amies, soeurs…etc…

Bon je n’ai pas résolu mon envie première, mais la soirée se déroule plus pacifiquement.
Les enfants sont heureux d’avoir reçu une glace et veulent bien que l’épisode se renouvelle.
Je suis plus détendue et moins sur ma montre. Le ton de soirée est plus calme que d’habitude.
Est-ce que c’est parce que j’ai pris la décision de prendre les choses différemment ?

Je ne me place plus comme une mère victime mais j’ai décidé de prendre “ma place” de maman et d’arrêter d’en vouloir à mon mari, le père de mes enfants !

Finalement dans toutes les situations de la vie, c’est ma façon de voir les choses qui en donnera le ton. Si je décide d’être joyeuse et optimiste je verrai tout avec des lunettes positives.
Mais si je décide de mettre la casquette je “râle » et que rien ne va, rien n’ira.

Regardez la chance que l’on a : des enfants magnifiques BH et en bonne santé.
Combien de maman font du shopping tous les jours et mangent des sushis en rêvant d’être maman…
Qu’a t’il fait de mal mon mari dans l’histoire?
Est-ce qu’il est responsable de mes frustrations ou est-ce que je peux les gérer sans lui en vouloir?

-Bonsoir tout le monde !
Mon mari rentre et je suis bien.
Je lui propose même de sortir manger dehors. La petite voisine est libre pour garder les enfants.

Mon intention première change du tout au tout .
Le coeur parle au coeur – c’est un enseignement ( moussar ) donné au nom du Baal Chné louhot habrit.
Mon énergie positive a été transmise et elle est porteuse de bien !
Non seulement on a mangé des sushis, mais on a même fait les soldes pendant une petite heure

J’ai gagné une robe, mais surtout l’intelligence d’avoir compris que ce que je veux, ça ne doit pas être à l’encontre de mon époux.
Le shalom dans le couple c’est penser du bien de l’autre et ne pas le rendre responsable de nos frustrations. La bénédiction réside dans un foyer rempli de joie et de paix.

Alors ? Quand commencez-vous à changer pour voir votre vie se transformer positivement ?

À propos de l'auteur

Gabriella B.

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